L’Agence de promotion touristique de l’Amérique centrale (CATA) et l’organisation internationale The Embassy of Nature (TEON) ont signé un accord de coopération destiné à renforcer l’intégration entre conservation environnementale et développement touristique. L’initiative vise à structurer une approche régionale capable de valoriser les ressources naturelles tout en consolidant la position de l’Amérique centrale sur le marché international du tourisme.
Derrière cette démarche se trouve une idée simple : dans cette région du monde, la nature n’est pas seulement un patrimoine à préserver. Elle constitue aussi l’un des principaux leviers d’attractivité touristique.
Un partenaire international pour relier nature et développement
The Embassy of Nature est une initiative internationale qui promeut une meilleure prise en compte de la nature dans les cadres politiques et économiques. Son approche consiste à considérer le capital naturel comme un élément central dans les décisions publiques, en encourageant des modèles qui associent protection des écosystèmes, aménagement territorial et investissements durables.
Dans ce contexte, la participation de l’organisation apporte une dimension internationale au projet et renforce la visibilité de l’Amérique centrale dans les discussions globales autour du tourisme durable et de la gestion des ressources naturelles.
Une feuille de route pour identifier des destinations pilotes

L’accord prévoit l’élaboration d’une feuille de route sur une période de 90 à 180 jours. Ce travail doit permettre d’identifier des destinations pilotes, de définir les priorités d’action et de mettre en place des mécanismes de suivi.
L’objectif est de développer des projets qui combinent restauration des écosystèmes et expériences touristiques durables, tout en aidant les destinations à mieux anticiper les risques environnementaux et climatiques.
La coopération couvre plusieurs domaines clés : l’aménagement territorial orienté vers le tourisme, l’adaptation au changement climatique dans les zones naturelles à forte valeur écologique et la gestion des risques environnementaux dans les destinations.
Le programme prévoit également l’intégration de normes environnementales et sociales, le renforcement des capacités techniques et institutionnelles ainsi que la création d’outils permettant de mesurer les impacts environnementaux et socio-économiques afin d’évaluer les résultats dans la durée.
La biodiversité comme avantage stratégique pour la région
« Cette alliance réaffirme la vision de l’Amérique centrale comme une région qui comprend sa biodiversité non seulement comme un patrimoine naturel, mais aussi comme un atout stratégique pour son positionnement international et son développement durable », a déclaré Boris Iraheta, secrétaire général de la CATA, lors de la signature de l’accord.

L’Amérique centrale occupe en effet une position particulière sur le plan écologique. Véritable pont biologique entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, la région fait partie des territoires les plus riches en biodiversité de la planète. Bien qu’elle représente environ 0,51 % de la surface terrestre, elle abrite près de 8 % de la biodiversité mondiale et maintient environ 25 % de son territoire sous une forme de protection.
La région compte également environ 60 peuples autochtones, qui représentent près de 20 % de la population, ainsi que le Système récifal mésoaméricain, la deuxième plus grande barrière de corail au monde.
De l’engagement aux résultats
Au-delà de l’annonce, l’enjeu pour l’Amérique centrale sera désormais de transformer cette coopération en projets concrets. L’intérêt de cette initiative résidera dans la capacité des destinations à intégrer ces outils dans leur gestion quotidienne et à traduire les engagements environnementaux en actions mesurables.
Dans une région où la nature constitue l’un des principaux moteurs du tourisme, la manière dont ces politiques seront mises en œuvre pourrait jouer un rôle déterminant dans la compétitivité future des destinations.
Photos : SICA | CATA