À première vue, Puerto Plata peut sembler n’être qu’un point de passage sur la côte nord de la République dominicaine, une ville où l’on arrive par avion ou par la mer avant de poursuivre sa route. Mais dès que l’on prend le temps d’y marcher, de lever les yeux, de quitter le front de mer, la lecture change. Ici, la ville se dévoile par strates : un centre habité, une montagne en arrière-plan, des plages sans scénario unique, et un territoire intérieur qui prolonge l’expérience bien au-delà du rivage.
Puerto Plata ne se donne pas en un coup d’œil. Elle se comprend dans la durée, à mesure que l’on relie ses quartiers, ses paysages et ses usages quotidiens.
Centre historique, forteresse et baie
L’entrée dans la ville se fait naturellement à pied. Autour de la Plaza Independencia, les rues du centre ancien dévoilent une concentration remarquable de maisons victoriennes, notamment le long de Beller Street et de José del Carmen Ariza Street. Certaines sont encore habitées, d’autres ont trouvé une nouvelle vie en cafés, boutiques ou ateliers. Les hauts plafonds en bois, les galeries et les façades colorées témoignent d’un patrimoine qui n’est pas figé, mais intégré au quotidien.
À quelques pas, le Musée de l’Ambre, installé dans une demeure restaurée, offre une parenthèse singulière. Les pièces exposées, parfois vieilles de plusieurs millions d’années -dont le célèbre ambre bleu-, rappellent que l’histoire de Puerto Plata ne se limite pas à son passé colonial : elle est aussi géologique et commerciale, liée aux routes de l’ambre qui ont traversé la région.
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Plus à l’ouest, la Forteresse San Felipe marque un autre temps de la ville. Construite pour défendre la baie, elle conserve canons, cellules et salles d’exposition retraçant son rôle successif de bastion, puis de prison. Depuis l’esplanade, le regard embrasse la courbe du littoral, le Malecón et, par temps clair, la ligne du téléphérique qui grimpe vers les hauteurs.
Le téléphérique vers la montagne
Peu de villes caribéennes permettent de passer aussi directement de la mer à la montagne. À Puerto Plata, le téléphérique relie le centre urbain au sommet de la Loma Isabel de Torres, a 800 mètres d’altitude, en moins de dix minutes. L’ascension offre une lecture progressive du territoire : la ville se rétracte, la végétation gagne en densité, l’air se rafraîchit.
Au sommet, le parc national propose de courts sentiers à travers jardins tropicaux, fougères et broméliacées. Un petit centre d’interprétation rappelle l’histoire du site et du téléphérique, tandis que des ateliers artisanaux mettent en avant l’ambre et le larimar. Depuis les belvédères autour de la statue du Christ, la vue s’ouvre sur la baie, la côte vers Sosúa et Cabarete, et l’arrière-pays montagneux.
Des plages sans scénario unique
À Puerto Plata, le littoral ne se résume pas à une seule carte postale. Le Malecón longe une succession de plages urbaines et de zones rocheuses où l’Atlantique frappe plus franchement. Playa Long Beach, à proximité immédiate du centre, permet de profiter de la mer sans quitter la ville, idéale pour la promenade ou une baignade rapide.
Plus à l’est, Playa Dorada combine infrastructures touristiques, restaurants et activités nautiques. Son récif protège les eaux, rendant la plage propice au snorkeling, au kayak ou à la plongée. Le site accueille également un parcours de golf 18 trous face à l’océan, ajoutant une dimension sportive à l’expérience balnéaire.
Nature et aventure au-delà du littoral

L’arrière-pays complète naturellement la découverte. À une trentaine de minutes au sud, les 27 Charcos de Damajagua offrent un parcours de cascades et de bassins naturels, accessible uniquement avec des guides locaux. La progression se fait à pied, à la nage ou en glissant sur la roche, dans un environnement forestier dense.
Plus près de la côte, la lagune et le Río Sanador Yásica constituent un espace plus calme, propice aux sorties en kayak ou en bateau, entre eau douce et végétation tropicale. Du côté de Cabarete et Sosúa, des expériences encadrées mêlent tyroliennes, passerelles suspendues et sentiers en forêt, prolongeant la dimension nature du séjour.

Le cacao, fil conducteur discret
Moins visible, mais tout aussi structurant, le cacao fait partie de l’identité de la province. Certaines exploitations ouvrent leurs portes aux visiteurs, proposant des parcours à travers les plantations, des explications sur la transformation du fruit et des échanges avec les producteurs. Ces visites mettent en lumière un savoir-faire ancien et des pratiques agricoles qui continuent de jouer un rôle économique et culturel majeur, loin de l’image strictement balnéaire de la région.
Si son nom l’associe naturellement au port et à la mer, Puerto Plata révèle une identité bien plus vaste. De l’ambre figé dans le temps aux bassins en cascade, la ville se découvre comme un territoire en mouvement, où chaque détour propose une manière différente de se relier à son histoire, à ses habitants et à ses paysages.
Photos : Discover Puerto Plata | Gobernación Puerto Plata