Voyager seul ne relève pas d’un choix par défaut, mais d’une manière assumée de découvrir une destination. Ce qui pourrait être perçu comme une contrainte n’est pas un frein, mais au contraire, cette approche favorise des échanges plus spontanés et une immersion plus directe dans la vie locale.
L’Amérique latine se prête particulièrement bien à ce type de voyage. Des déplacements relativement simples, des villes qui se découvrent à pied, une culture de l’échange : les conditions sont réunies pour évoluer facilement, y compris en arrivant seul. Reste à identifier des points d’entrée adaptés pour structurer son itinéraire dès le départ.
L’essor du voyage en solo
Loin d’être un phénomène récent, le voyage en solo s’inscrit dans une progression continue. Selon Solo Traveler Statistics, les recherches liées à ce type de séjour ont augmenté de plus de 30 % au cours de la dernière décennie, avec un pic atteint en 2025. En 2024, ce marché a dépassé les 482 milliards de dollars, avec des projections qui pourraient franchir le seuil du trillion avant 2030.
Le profil des voyageurs s’est également précisé. D’un côté, des voyageuses souvent âgées de plus de 50 ans, qui privilégient la sécurité et le confort, et qui, dans 90 % des cas, intègrent des excursions organisées à un moment du séjour. De l’autre, des générations plus jeunes qui optent pour des formats plus courts, avec davantage de flexibilité.
Dans les deux cas, une constante se dégage : une recherche d’autonomie, de liberté et d’indépendance dans la manière de voyager, tout en s’appuyant sur des services capables de simplifier la logistique sur place. Partir seul n’est plus perçu comme une limite, mais comme une option à part entière dans la construction d’un voyage.
Des points de départ pour construire son itinéraire
Les destinations présentées ici ne sont pas seulement des étapes, mais aussi des points de départ pour organiser un parcours à son rythme. Elles permettent souvent de s’éloigner des circuits classiques et de construire un itinéraire plus flexible, en fonction de ses envies.
Toutes offrent une accessibilité relativement simple, soit via des vols internationaux directs, soit en passant par les principaux hubs régionaux, facilitant la poursuite de l’itinéraire dès l’arrivée.
Cusco, porte d’entrée vers les Andes
À Cusco, l’approche la plus recommandée consiste à prévoir un temps d’acclimatation le premier jour. À plus de 3 400 mètres d’altitude, le corps doit s’adapter progressivement.
La découverte de la ville peut commencer sur la Plaza de Armas, point de repère central qui permet de s’orienter facilement dans le centre historique. En quelques rues, les murs incas apparaissent, notamment dans la rue Hatun Rumiyoc et au Qoricancha, auxquels s’ajoutent les marchés traditionnels et cette ambiance unique qui marque les voyageurs.
Cusco est aussi le point de départ pour visiter le Machu Picchu. Pour se rendre au célèbre sanctuaire, plusieurs options : des itinéraires de trekking via d’anciens sentiers incas, ou plus simplement en rejoignant Aguas Calientes (en train ou par la route).
Depuis là, des bus permettent d’accéder à l’entrée du site. Il est également possible, pour ceux qui le souhaitent, d’y accéder à pied par un chemin aux marches en pierre centenaires, qui nécessite cependant une bonne condition physique.
De nombreux sites dans la région méritent que l’on s’y attarde dans cet environnement unique, au point d’y consacrer un voyage entier : d’Ollantaytambo aux Salineras de Maras, en passant par Vinicunca (la montagne aux sept couleurs) ou le glacier du Salkantay. La région porte ainsi pleinement son nom : la vallée sacrée.
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Cuenca, entre ville et grands espaces
Accessible depuis Quito ou Guayaquil, Cuenca se découvre facilement à pied, entre le centre historique et les rives du río Tomebamba les repères sont immédiats : le Parque Calderón, la Catedral Nueva avec ses dômes bleus, ou encore les rues autour de la Calle Larga, où se concentrent cafés, galeries et petits restaurants.

La ville s’est imposée ces dernières années comme une destination reconnue pour sa gastronomie, avec une offre qui va du marché populaire (notamment celui du 10 de Agosto) à des tables plus contemporaines travaillant les produits andins.
Cuenca permet aussi de sortir rapidement de la ville. À moins d’une heure, le parc national Cajas offre un environnement d’altitude marqué par des dizaines de lagunes et des sentiers accessibles sur la journée. Plus au nord, le site archéologique d’Ingapirca permet de découvrir l’héritage inca en Équateur.
Florianópolis, une île facile à parcourir

La capitale de l’État de Santa Catarina dans le sud du Brésil est reconnue pour la qualité de son littoral ! Depuis Florianópolis, il est possible de passer d’une plage à une autre (une quarantaine au total) sans organisation complexe, en alternant facilement entre différents secteurs de l’île. Du côté de Praia Mole et Joaquina, l’ambiance est plus animée, avec des spots connus pour le surf, tandis que Lagoinha do Leste ou Naufragados sont accessibles par des sentiers après une à deux heures de marche.
Les déplacements s’organisent principalement en bus, qui relient les grandes zones de l’île, notamment entre le nord, plus développé, et le sud, plus préservé.
Le quartier de Lagoa da Conceição sert souvent de point de repère. On y trouve des hébergements, des restaurants et une concentration de voyageurs, ce qui facilite les échanges, sans pour autant dépendre d’un groupe pour organiser ses journées.
Medellín, comprendre la ville en la traversant
À Medellín, les déplacements sont facilités par le métro et le Metrocable, qui relient le centre aux quartiers en hauteur et permettent de comprendre rapidement l’organisation de la ville.

Une première visite passe souvent par le centre, avec la Plaza Botero et le musée d’Antioquia, avant de rejoindre la Comuna 13, généralement avec un guide. La visite permet d’aborder l’évolution du quartier au-delà de son image actuelle.
La ville se découvre aussi à travers sa vie culturelle et nocturne, notamment dans des quartiers comme El Poblado ou Laureles, où se concentrent restaurants, bars et lieux de musique, fréquentés aussi bien par les habitants que par les voyageurs.
Des visites de fermes caféières (fincas cafeteras) sont également proposées, en ville ou dans ses environs, avec une approche centrée sur les producteurs et leur quotidien.
À environ deux heures de route, Guatapé constitue une excursion facile à organiser. Le village se distingue par ses façades colorées et ses zócalos (bas-reliefs). À proximité, le rocher El Peñol, accessible après avoir gravi plus de 700 marches, permet d’admirer le panorama sur les lagunes environnantes.
Partir seul ne signifie pas organiser son séjour sans accompagnement. L’appui d’une agence et d’un réceptif permet de construire un itinéraire adapté, tout en conservant une grande liberté dans le déroulé du voyage.
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Au fil du séjour, les repères se prennent rapidement, le rythme s’adapte, les choix évoluent naturellement, et voyager seul devient une manière plus simple et plus personnelle de découvrir une destination.
Photos : D.R | Visit Cuenca | Visit Brasil | Medellín Travel