La Bolivie cherche à franchir une nouvelle étape dans le développement de son tourisme. Malgré des atouts naturels et culturels largement reconnus, le pays n’a pas encore pleinement transformé ce potentiel en performance touristique.
Pour y remédier, le ministère du Tourisme durable, des Cultures, du Folklore et de la Gastronomie, en collaboration avec le Vice-ministère de la Promotion du Tourisme durable, a lancé l’élaboration du Plan Directeur de Tourisme Durable 2026–2035. L’objectif est clair : structurer la croissance du secteur, attirer des investissements et générer jusqu’à 3 milliards de dollars de revenus touristiques d’ici 2030, tout en renforçant le positionnement international du pays.
Un plan construit avec les acteurs du terrain
La démarche repose sur une approche participative. Entre le 12 mai et le 24 juin, 18 ateliers d’innovation et de co-création sont organisés dans les neuf départements du pays, réunissant entreprises, communautés locales, autorités publiques, universités et organisations du secteur.
L’objectif est d’identifier les besoins spécifiques de chaque destination, qu’il s’agisse d’infrastructures, de connectivité, de cadre réglementaire ou de promotion.
Le processus bénéficie du soutien technique du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et de la Banque interaméricaine de développement, qui apportent méthodologies et expertise pour aligner la stratégie sur les standards internationaux. Leur implication vise également à renforcer la confiance du secteur privé et à inscrire cette initiative dans la durée.
De nouveaux outils pour structurer le secteur
Au-delà du plan lui-même, plusieurs outils doivent accompagner cette structuration. Une nouvelle loi de promotion du tourisme durable est en préparation pour remplacer le cadre en vigueur depuis 2012, avec l’objectif de faciliter l’investissement et la formalisation du secteur.
Cinq stratégies sectorielles seront également développées, couvrant notamment le tourisme communautaire, culturel, religieux et de nature. En parallèle, une nouvelle marque pays doit émerger, construite à partir des identités et des perceptions recueillies à travers le territoire.
Une stratégie centrée sur des destinations à fort potentiel
L’un des enjeux du plan consiste à mieux valoriser des destinations capables d’allonger la durée de séjour et d’augmenter les dépenses.
Parmi elles, le parc national Madidi apparaît comme un levier majeur. Avec plus de 18 000 km², il figure parmi les zones les plus riches en biodiversité au monde. Les séjours proposés reposent sur une immersion en Amazonie, combinant navigation fluviale, randonnées et observation de la faune, avec la possibilité d’observer aras, singes, caïmans, loutres géantes ou encore, plus rarement, des jaguars.
D’autres destinations déjà identifiées, comme le lac Titicaca, peuvent être intégrées dans des itinéraires combinant séjours à Copacabana, exploration de l’île du Soleil et randonnées sur d’anciens chemins incas.
Dans le sud du pays, Sucre et Potosí apportent une dimension patrimoniale forte, entre architecture coloniale, musées et héritage minier, notamment autour du Cerro Rico, qui permet de replacer la Bolivie dans l’histoire économique mondiale.
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Au-delà des objectifs économiques, le plan vise à donner une direction plus lisible au développement touristique du pays et à renforcer sa stabilité institutionnelle, en posant les bases d’actions concrètes et durables
Pour les professionnels, cette démarche traduit une volonté de structurer une offre encore fragmentée, en s’appuyant sur des destinations à fort potentiel et sur une meilleure articulation entre acteurs publics et privés.
Si les objectifs sont atteints, ce plan pourrait repositionner la Bolivie comme une destination plus lisible et compétitive à l’échelle internationale, en capitalisant sur des expériences uniques sur le continent.
Photo : Ministère du Tourisme durable, des Cultures, du Folklore et de la Gastronomie