La plus grande pyramide du monde n’est pas en Égypte, le plus petit oiseau de la planète vit à Cuba et le sommet le plus éloigné du centre de la Terre n’est pas l’Everest. L’Amérique latine réserve quelques surprises lorsqu’on s’intéresse à ses records du monde. Certains sont célèbres, d’autres beaucoup moins. Voici huit curiosités qui méritent le détour, entre patrimoine, paysages et nature.
1. Cholula, au Mexique : une pyramide plus volumineuse que celle de Khéops

À première vue, on distingue surtout une colline surmontée d’une église. Pourtant, sous la végétation se cache la plus grande pyramide du monde par son volume. Située à une trentaine de minutes de Puebla, la Grande Pyramide de Cholula, ou Tlachihualtépetl, représente environ 4,45 millions de mètres cubes, soit presque deux fois le volume de la pyramide de Khéops, en Égypte.
Son nom nahuatl signifie « colline faite de main d’homme », une appellation particulièrement bien choisie pour cet édifice construit et agrandi par différentes civilisations pendant plus d’un millénaire, entre le IIIe siècle avant notre ère et le IXe siècle. Aujourd’hui, le sanctuaire de Nuestra Señora de los Remedios domine cette immense construction préhispanique, depuis laquelle on aperçoit notamment le volcan Popocatépetl.
2. Le colibri d’Elena, à Cuba : à peine 1,6 gramme !

Il mesure en moyenne 5,7 centimètres et pèse environ 1,6 gramme. Le colibri d’Elena (Mellisuga helenae), appelé zunzuncito à Cuba, détient le record du plus petit oiseau du monde. Endémique de l’île, ce minuscule colibri est parfois si difficile à distinguer lorsqu’il vole autour des fleurs qu’on pourrait le prendre pour un gros insecte.
Sa petite taille ne l’empêche pas de voler sur place pour se nourrir du nectar. Pour les voyageurs, amateurs d’ornithologie, l’observer constitue une belle occasion de découvrir la biodiversité cubaine, notamment dans les espaces naturels de la péninsule de Zapata.
3. Les palmiers à cire, en Colombie : près de 60 mètres de hauteur

Dans la région caféière colombienne, notamment dans le Quindío, les palmiers à cire se dressent au-dessus des montagnes et des prairies. Cette espèce, Ceroxylon quindiuense, détient le record du palmier le plus haut du monde, avec des spécimens mesurés à 59,2 mètres dans le secteur de la Carbonera, dans le département voisin du Tolima.
La vallée de Cocora, près de Salento, reste le lieu le plus connu pour admirer ces silhouettes élancées. Mais les paysages de Tochecito, offrent également de magnifiques possibilités de randonnée au milieu de ces arbres emblématiques, devenus le symbole national de la Colombie.
4. Le lac Titicaca, entre Pérou et Bolivie : naviguer à 3 810 mètres

Sur l’Altiplano, entre le Pérou et la Bolivie, le lac Titicaca est le plus haut lac du monde où naviguent des bateaux commerciaux, à environ 3 810 mètres d’altitude. Ses dimensions sont tout aussi impressionnantes : près de 8 300 km² de superficie, avec une longueur maximale de 190 kms et une largeur de 80 kms.
Au large de Puno, les îles flottantes des Uros figurent parmi ses curiosités. Construites à partir de couches de roseaux appelés totora, elles sont régulièrement entretenues et renouvelées par leurs habitants. Plus loin, les îles de Taquile et Amantani, côté péruvien, et del Sol et de la luna, côté bolivien, permettent de découvrir d’autres paysages et traditions autour du lac.
5. L’Amazone : le fleuve au plus grand débit du monde

Avec un débit moyen d’environ 200 000 mètres cubes d’eau par seconde à son embouchure, l’Amazone dépasse tous les autres fleuves de la planète. Pour donner une idée de cette quantité, cela représente l’équivalent d’environ 80 piscines olympiques déversées chaque seconde dans l’océan Atlantique !
Le fleuve traverse un immense bassin hydrographique partagé entre plusieurs pays. Depuis Iquitos, au Pérou, Leticia, en Colombie, ou Manaus, au Brésil, les excursions fluviales permettent de découvrir les forêts inondées, la faune et la flore amazoniennes ainsi que les communautés riveraines, dont certaines communautés autochtones.
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6. Le salar d’Uyuni, en Bolivie : une étendue de sel presque aussi grande que l’Île-de-France

Dans le sud-ouest de la Bolivie, le salar d’Uyuni forme la plus grande étendue de sel du monde, couvrant environ 10 582 km² à plus de 3 600 mètres d’altitude. Pour se représenter sa taille, sa superficie approche celle de toute la région Île-de-France !
De mai à octobre, pendant la saison sèche, la surface blanche du salar laisse apparaître d’étonnants motifs géométriques. Entre décembre et mars, les pluies peuvent recouvrir le sel d’une fine pellicule d’eau. Le ciel et les nuages s’y reflètent alors jusqu’à l’horizon, transformant parfois le paysage en un immense miroir naturel. Deux expériences très différentes, que l’on découvre généralement lors d’excursions au départ d’Uyuni.
7. Le Salto Ángel, au Venezuela : une chute de 979 mètres

Au cœur du parc national Canaima, au Venezuela, le Salto Ángel détient, selon le Guinness World Records, le titre de plus haute chute d’eau du monde, avec une hauteur totale de 979 mètres, dont 807 mètres de chute ininterrompue.
Connu également sous son nom autochtone de Kerepakupai Merú, qui signifie « chute d’eau du lieu le plus profond » en langue pemón, il descend des parois de l’Auyán-tepui, l’une de ces immenses montagnes tabulaires caractéristiques de la région.
Pour l’admirer, l’excursion part généralement de Canaima et se poursuit en bateau sur les rivières, lorsque les conditions le permettent, avant de rejoindre les sentiers qui mènent au pied de la cascade.
8. Le Chimborazo, en Équateur : plus loin du centre de la Terre que l’Everest

L’Everest reste le plus haut sommet du monde lorsqu’on mesure son altitude depuis le niveau de la mer. Pourtant, le sommet du volcan Chimborazo, en Équateur, est le point de la surface terrestre le plus éloigné du centre de notre planète.
Situé dans les Andes équatoriennes, la plus haute montagne d’Équateur culmine à environ 6 263 mètres d’altitude. Mais sa distance au centre de la Terre atteint 6 384 kilomètres, soit plus de deux kilomètres de plus que le sommet de l’Everest.
Comment est-ce possible ? La Terre n’est pas une sphère parfaite : elle est légèrement aplatie aux pôles et renflée à l’équateur. Situé presque sur cette ligne, le Chimborazo profite de cette particularité géographique.
Ainsi, si l’on mesure depuis le niveau de la mer, l’Everest reste le plus haut sommet du monde. Mais depuis le centre de la Terre, c’est le Chimborazo qui détient le record. Une particularité qui lui vaut d’être présenté comme le point de notre planète le plus proche des étoiles.
Photos : INAH | Marcos Verdecia | Sébastien Walkowiak | Andrea Huls | Mario Oliveira | Fritz Chavez | Alfonso Sanzone | Turismo Riobamba