Au Costa Rica, la « Pura Vida » n’est pas seulement une formule utilisée dans les campagnes de promotion. Elle résume une manière de voyager où le rythme ralentit, où les forêts, les volcans, les plages et les sources thermales deviennent une partie essentielle de l’expérience.
Le pays cherche aujourd’hui à donner une forme plus claire à cette promesse, en positionnant la nature comme la base de son offre de tourisme de bien-être. À travers la notion de « connexion biophilique », le Costa Rica veut faire de ses paysages autre chose qu’un décor : un cadre capable de favoriser le repos, la récupération physique, l’apaisement mental et le lien avec l’environnement.
La nature comme point de départ
La biophilie désigne l’affinité naturelle de l’être humain avec le vivant. Appliquée au tourisme, l’idée est assez simple : concevoir des expériences où la nature participe directement au bien-être du voyageur, qu’il s’agisse de marcher, respirer, se baigner, observer ou simplement prendre le temps.
Au Costa Rica, cette approche trouve un terrain particulièrement favorable. À La Fortuna, dans le centre du pays, les sources thermales chauffées par le volcan Arenal associent détente et paysages volcaniques. À Monteverde, les sentiers de la forêt de nuages et les ponts suspendus invitent à une immersion plus lente, dans l’un des écosystèmes les plus singuliers du pays.
La péninsule de Nicoya, reconnue comme l’une des zones bleues de la planète, ajoute une dimension liée à la longévité et aux modes de vie sains. Sur la côte pacifique, Guanacaste complète cette offre avec ses retraites de yoga, ses hébergements en bord de mer et des séjours pensés autour du repos, du mouvement et de la déconnexion.
Structurer une tendance déjà présente
L’initiative est portée par l’Institut Costaricien du Tourisme, la Wellness Costa Rica Association et la Chambre de Tourisme et de Commerce d’Arenal. Ces acteurs partagent le même constat : le bien-être n’est plus un service ajouté à un séjour, mais un critère qui influence de plus en plus le choix d’une destination.
« Le véritable luxe du futur ne sera pas l’infrastructure, mais la capacité à générer un bien-être authentique chez les personnes. Le Costa Rica a l’avantage de pouvoir le faire à travers sa biodiversité, notre ressource la plus importante », a déclaré Laura Barrantes Requeno, spécialiste du bien-être au sein de l’association.
Pour donner plus de cohérence à cette offre, les secteurs public et privé ont commencé à promouvoir des programmes de formation destinés aux hôtels, tour-opérateurs, guides et acteurs du secteur du bien-être. L’objectif est d’aider les professionnels à concevoir des expériences plus identifiables, mieux encadrées et plus adaptées aux attentes des voyageurs.
Un marché en forte croissance
Cette orientation s’inscrit dans un marché mondial en expansion. Selon Grand View Research, le tourisme de bien-être représentait 990,4 milliards de dollars en 2025 et pourrait atteindre 2 400 milliards de dollars d’ici 2035, avec une croissance annuelle moyenne de 9,3 %.
Cette progression s’explique par la demande croissante pour des voyages centrés sur la santé physique et mentale, le développement des spas et resorts spécialisés, mais aussi l’intérêt pour des programmes associant repos, nutrition, détente et activités en plein air.
Pour les destinations, ce segment présente un intérêt particulier. Les voyageurs qui placent le bien-être au cœur de leur séjour, ou qui l’intègrent comme motivation secondaire, ont tendance à choisir des hébergements plus haut de gamme et à consacrer une part importante de leur budget aux soins, à la restauration saine et aux expériences personnalisées.
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Le Costa Rica n’a pas besoin d’inventer un nouveau récit pour exister sur ce marché. Sa force tient justement à la cohérence entre son image internationale, sa biodiversité et les expériences déjà proposées sur place. L’enjeu consiste désormais à mieux structurer cette relation privilégiée avec la nature, afin d’en faire une offre lisible, différenciante et pleinement intégrée à l’expérience de voyage.
Photos : Jeffrey Arguedas