Des dunes de sable doré qui se jettent dans la mer des Caraïbes, des fjords qui rappellent la Scandinavie, des glaciers sous les tropiques et même des manchots sur la ligne de l’équateur, en Équateur. L’Amérique latine possède des paysages et des curiosités naturelles que l’on associe généralement à d’autres régions du monde. Six découvertes, de la côte caraïbe jusqu’à l’extrême sud du continent.
1. Des dunes de sable aux portes de la mer des Caraïbes, en Colombie
Dans l’extrême nord de la Colombie, le département de La Guajira possède des paysages qui évoquent davantage le Sahara que l’image habituelle des Caraïbes. Ici, le désert côtoie la mer, entre étendues de sable, cactus, lagunes et plages isolées.

Le spectacle est particulièrement étonnant aux dunes de Taroa, près de Punta Gallinas, le point le plus septentrional de l’Amérique du Sud continentale. D’immenses pentes de sable ocre descendent jusqu’aux eaux turquoise de la mer des Caraïbes.
Ce territoire est aussi celui des Wayúu, le peuple autochtone le plus nombreux de Colombie, présent également dans le nord-ouest du Venezuela. Les communautés perpétuent notamment leur langue, le wayuunaiki, ainsi que leurs traditions et leurs savoir-faire artisanaux.
Pour rejoindre Punta Gallinas, il faut généralement prévoir une excursion de plusieurs jours en véhicule 4 × 4, depuis Riohacha ou Santa Marta, avec un guide local. De décembre à avril, les pistes sont habituellement plus accessibles. Entre septembre et novembre, les pluies peuvent compliquer les déplacements.
2. Des fjords dignes de la Scandinavie, au Chili
Inutile de rejoindre la Norvège pour naviguer entre des montagnes abruptes et des bras de mer étroits. Dans le sud du Chili, la Patagonie possède un immense réseau de fjords, de canaux et d’îles, dont les paysages ont été façonnés par les glaciations successives.

Dans les régions d’Aysén et de Magallanes, les montagnes couvertes de forêts plongent dans les eaux profondes. Les navigations permettent de traverser des passages étroits, d’approcher certains glaciers et d’observer, avec un peu de chance, des dauphins, des otaries ou des oiseaux marins.
Depuis Puerto Natales, l’une des excursions les plus accessibles emprunte le Seno de Última Esperanza pour rejoindre les glaciers Balmaceda et Serrano, dans le parc national Bernardo O’Higgins.
D’octobre à mars, les journées plus longues et les départs plus nombreux facilitent la découverte de la région. Même en plein été austral, mieux vaut prévoir des vêtements chauds et imperméables pour les navigations.
3. Des atolls coralliens comme dans le Pacifique, au Belize
Lorsque l’on évoque les atolls, on pense spontanément aux Maldives ou à la Polynésie. Pourtant, en Amérique centrale, le Belize en possède trois au large de ses côtes caraïbes : Turneffe, Lighthouse Reef et Glover’s Reef.

Ces formations coralliennes entourent des lagons aux eaux turquoise qui abritent une grande diversité de poissons et d’espèces marines. Elles appartiennent à l’ensemble récifal du Belize, considéré comme le deuxième plus important au monde et dont plusieurs zones sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Le plus célèbre est sans doute Lighthouse Reef, où se trouve le Grand Trou Bleu, une immense cavité sous-marine circulaire devenue l’un des paysages les plus connus du Belize. Les atolls de Glover’s Reef et de Turneffe sont également réputés pour la plongée sous-marine et le snorkelling.
Les excursions nécessitent une traversée en bateau, parfois assez longue selon l’atoll choisi. De février à mai, la saison plus sèche offre généralement des conditions favorables aux activités en mer.
4. Des glaciers sous les tropiques, au Pérou
Au nord du Pérou, la Cordillère Blanche possède des paysages que l’on associerait plus volontiers aux grandes chaînes de montagnes des régions froides. Pourtant, nous sommes bien sous les tropiques, dans une partie des Andes où plusieurs sommets dépassent les 6 000 mètres.

Dans la région d’Áncash, le mont Huascarán, qui culmine à 6 768 mètres, et le parc national du même nom dominent l’une des plus importantes concentrations de glaciers tropicaux de la planète. Entre vallées glaciaires, sommets enneigés et lagunes aux eaux turquoise, les paysages se découvrent notamment autour des lacs de Llanganuco et de la célèbre Laguna 69.
La ville de Huaraz constitue le principal point de départ pour explorer la région, particulièrement appréciée pour la randonnée et le trekking. De mai à septembre, la saison sèche offre généralement les meilleures conditions. Certaines excursions dépassant 4 000 mètres d’altitude, quelques jours d’acclimatation sont recommandés.
Ces paysages évoluent cependant avec le recul des glaciers, particulièrement marqué dans les Andes tropicales.
Pour en savoir plus : Cordillère Blanche : Le Pérou hors des sentiers battus
5. Des manchots sur l’équateur, aux Galápagos
Lorsque l’on évoque les manchots, on imagine plutôt la banquise antarctique ou les côtes froides de l’hémisphère Sud. Pourtant, une espèce vit tout près de l’équateur : le manchot des Galápagos, que l’on ne rencontre naturellement que dans cet archipel équatorien.

C’est le seul manchot au monde qui vit au niveau de l’équateur et même légèrement au nord de cette ligne. Sa présence s’explique notamment par les courants océaniques froids qui atteignent l’archipel et favorisent l’abondance des petits poissons dont il se nourrit.
Les manchots se rencontrent principalement autour des îles d’Isabela et de Fernandina. On peut parfois les observer posés sur les rochers volcaniques ou nageant le long des côtes, notamment lors d’excursions en bateau.
Ils sont présents toute l’année, mais leur observation n’est jamais garantie. Pour augmenter les chances d’en rencontrer, mieux vaut privilégier un itinéraire incluant les îles occidentales de l’archipel.
Notre article : 10 sites à voir absolument dans les îles Galápagos
6. Des aurores australes dans le sud du Chili et de l’Argentine

Les aurores polaires évoquent presque toujours la Norvège, la Suède ou l’Islande, où les lumières des aurores boréales attirent chaque hiver de nombreux visiteurs. Pourtant, le même phénomène existe dans l’hémisphère Sud, avec les aurores australes.
En Amérique du Sud, elles peuvent exceptionnellement être observées dans les régions les plus australes du Chili et de l’Argentine. Dans la nuit du 10 au 11 mai 2024, une puissante tempête géomagnétique a ainsi permis d’admirer des aurores jusqu’à Punta Arenas et Ushuaia. Les images de ces ciels teintés de rouge et de rose ont alors largement circulé.
Le phénomène reste toutefois extrêmement rare à ces latitudes. Contrairement aux régions situées près du cercle polaire arctique, le sud de la Patagonie ne connaît pas de saison permettant de programmer l’observation des aurores.
Les longues nuits de l’hiver austral offrent davantage d’obscurité, mais il faut également qu’une activité solaire suffisamment intense se produise et que le ciel soit dégagé. Assister à des aurores australes en Patagonie relève donc davantage de la chance que d’un voyage que l’on peut organiser autour de ce phénomène.
Photos : ProColombia | SERNATUR | Belize Tourism Board | PromPeru | Ministerio de Turismo de Ecuador | SERNAMP | La Nación